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COMPLÉMENTS

DE BUFFON.

Tome Premier.

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RUE DAMIETTE, 2, + * 4 ve

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, 1837,

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CONPLÉNENTA

E BUFFO!

PAR René - Pa LESSON: MEMBRE CORRESPONDANT DE L'INSTITUT.

Douxiègse Cdolion #

Revue, corrigée et augmentée par l'Auteur.

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P. POURRAT FRERES, ÉDITEURS, RUE DES PETITS-AUGUSTINS, D

Et chez les Libraires et aux Dépôts de Pittoresques de 1] et de l'étranger.

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1838

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AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR.

En élevant un monument durable aux sciences naturelles par la publication de plusieurs édi- tions de Buffon, nous aurions cru notre tâche imparfaite si nous n’avions mis à la fin des œu- yres de notre immortel prosateur le tableau le plus complet des immenses découvertes faites depuis cinquante ans. Le succès qui a accueilli notre premicre édition du Complément, par R.-P. Lesson, nous a autorisé à en donner une seconde, semblable, par le format, à l'édition de Buffon que nous venons de publier. Ce complémentest le seul qui présenteaujourd'hui l'état réel de la science en Europe pour les mammifères et les oiseaux, et l’auteur a redoublé d'efforts pour ne rien omettre d'essentiel de ce que renferment les nombreuses publications qu’il a eu à consulter. Les deux volumes de cette présente édition, enrichis des découvertes les plus neuves, sont donc un vaste résumé des travaux publiés dans ces dernières anné:s par tous les savants de l'Europe, en même temps qu’ils renferment le résultat des propres

voyages de M. Lesson.

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HISTOIRE NATURELLE

DE L'HOMME.

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LIVRE PREMIER.

à he? PA l :Dg CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES VARIÉTÉS DE L'ESPÈCE HUMAINE QUI HABITENT L'OCÉANIE, LA POLYNÉSIE ET L'AUSTRALIE,

Nous n'avons pas l’intention d’écrire dans ce vo- | prend ce vaste espace de mer qui baigne les côtes lume l’histoire complète des races humaines éparses ! occidentales de l’Amérique , les côtes orientales de

et disséminées sur le globe. Cette étude immense à souvent été tentée par des savants du premier or- dre, et Buffon lui-même s’en est occupé avec pré- dilection : seulement nous avons cru servir la science en réunissant tous les faits recueillis par nous dans le cours d’une longue campagne, et en présentant un tableau entièrement neuf des peu- plades au milieu desquelles nous avons vécu, non pas d’après les relations des voyageurs, mais d’après

propres observations. Cette partie de notre tra- vail ne sera pas la moins intéressante, même pour les gens du monde; et, bien nos ayons déjà publié les généralités sur les îles océaniennes et sur les races humaines qui les habitent (!}, nous les re- produisons ici. afin qu’elles servent d'introduction aux détails plus complets que nous consacrons à chaque peuple en particulier.

C’est dans le même but que nous présenterons d’abord un apercu s r les îles du Grand - Océan et sur l’ensemble de leurs. productions naturelles, alir de mieux faire apprécier les modifications que Je climat et les latitudes ont apportées dans les caractères physiques des races qui y ont été sou- mises.

Le Grand-Océan, au milieu duquel sont semées les terres de l'Océanie (?) proprement dites, com-

() Zoologie du Voyage autour du monde de la cor- vette la Coquille, t. 1, pag. 4 à 115.

e) Adoptant la PART de voir de plusieurs géogra- modernes , nous appelons Océanie les îles innom- les qui sont éparses dans le Grand-Océan, et Poly- A ésie toutes Re fe qui forment ce qu'on appelle les

la Nouvelle-Hollande, les îles nombreuses du sud- est de l’Asie, en communiquant avec les mers des Indes et de Chine par de nombreux canaux; re- montant au nord-est sur les îles du Niphon, jusqu’à la presqu’ile du Kamtschatka ; se limitant au nord aux iles Aléoutiennes et Kouriles, au milieu des nombreux archipels de la côte nord-ouest d’Améri- que, aux rivages de la Californie, en donnant nais- sance à la mer Vermeille; renfermant un intervalle de cent soixante degrés, et n'ayant pour bornes au sud que les mers de la zone glaciale australe. Cette vaste surface d’eau ne présente qu’une petite por- tion de terre habitée par l’homme; et encore celle- oi se trouve-t-elle morcelée en un nombre considé- rable d’iles isolées ou disposées par groupes, qui forment des archipels distants et épars dont la com- position minérale appartient à trois formations dif- férentes.

Placées indifféremment dans l’un ou l’autre tro- pique, mais plus particulièrement sous le tropique du Capricorne, les îles vraiment océaniennes diffè- rent par leur disposition générale de la trainée d'îles qui part de la pointe sud-est de la Nouvelle-Gui- née , et qui s’avance dans le sud en formant une longue chaîne à l’est de l'Australie ou Nouvelle- Hollande : telles sont la Louisiade, la terre des Ar- sacides, les archipels de Santa-Crux, des Hébni

archipels d'Asie, et qui renferment les Moluque Philippines, les îles de la Sonde, et la Nouvelle-Guinée. Quelques autres écrivains ont au contraire transposé ces noms; mais il suffit qu'on soit averti pour compren- dre ce que nous appelons Océanie et Polynésie.

4 HISTOIRE NATURELLE

de la Nouvelle-Bretagne, de la Nouvelle-Calédonie, les îles Norfolk, la Nouvelle-Zélande, et sans doute les îles Campbell et Macquarie ; et ces îles semblent être véritablement le prolongement des terres avan- cées de l'Asie : car on doit regarder les archipels de la Sonde, des Moluques, enfin de la Polynésie en- tière, comme les débris de ce continen crevassé de toutes parts sous l’équateur. À ce sujet une opinion assez générale admet que le globe a subi l’action d’une force puissante sous la zone équatoriale ; et on a remarqué des dispositions analogues dans le morcellement da continent américain sous le tropi- que du Cancer, et même en Europe, plus au nord, entre la Méditerranée et la mer Rouge. L’isthme de Suez en effet correspond à l’isthme de Panama ; et le cap York, dans le détroit de Torrès , est sans doute le prolongement d’un bras de terre qui unis- soit la Se à la Nouvelle-Hollande, et que les Vagues ont brisé. Enfin les trois extrémités des masses de terre dans l'hémisphère austral of-

une grande similitude. Le cap de Diémen de- voit être-le promontoire sud de l'Asie, comme les caps de Bonne-Espérance et de Horn se trouvent terminer aujourd’hui l'Afrique et l'Amérique. Le détroit de Bass est l’analogue de celui de Magellan ; et le banc des Aiguilles, à l’extrémité du cap de Bonne-Espérance, annonce que des terres affaissées s’y élevoient, et ont pu en être isolées par un détroit, ou qu’elles ont disparu dans la catastrophe qui a morcelé les extrémités méridionales de l'Afrique et de l'Amérique.

La Nouvelle-Hollande, qui dans cette hypothèse formeroit la partie méridionale des vastes contrées de l’Asie, en diffère complétement par ses produc- tions, de même que les pays des Cafres, des Hotten- tots, et les terres magellaniques, différent des con- tinents dont ils sont les prolongements. Cependant les animaux ou les végétaux de l'Australie (1) ont reçu une physionomie spéciale, un cachet qui leur est propre, et leurs formes insolites semblent éluder tous les principes de classification. Mais à mesure qu’on avance vers l'équateur les êtres se rattachent à ceux que produit l’Asie; etenfin sur la partie in- terlropicale on en trouve un grand nombre qui sont communs à la Nouvelle-Guinée comme aux terres d'Arnheim et de Carpentarie. L'opinion qui admet que la Nouvelle- Hollande est sortie plus récemment du sein des eaux est généralement reçue ; et quoi- que l’intérieur soit pour nous couvert d’un voile mystérieux, ce qu'on connoit du littoral Jui donne

nom est adopté par beaucoup de géographes pour désigner la Nouvelle-Hollande : quelques uns écri- vent Austrelasie. Par Tasmanie on indique la terre de Diémen , découverte en 1642 par Abel Tasman, navi- gat hollandois.

Sans rajeunir de vieilles idées ou sans se perdre en suppositions vagues et hypot'étiques, on ne peut, en jetant un large coup d’æil sur l’ensemble de ces terres, se dispenser de remarquer que toutes les îles qui forment le chainon depuis la Nouvelle- Guinée jusqu’au sud de la Nouvelle-Zélande sem- blent être les bords de l’ancien continent Australique déchiré; car aujourd’hui les nombreux canaux#qui isolent ces archipels sont encombrés de bancs à fleur d’eau, de plateaux de récifs ou de rochers épars , qui forment de cette partie de l’Océan une mer semée d’écueils.

Si nous examinons la partie orientale de l’Aus- tralie, depuis les rivages du Port-Jackson jusqu’à cent cinquante milles dans l’intérieur du pays, en franchissant l’épaisseur des montagnes Bleues, nous parviendrons peut-être à saisir les chaïinons qui étayent cette idée. Toutes les côtes de la Nouvelle- Galles du Sud sont en effet entièrement composées d’un grès houiller à molécules peu adhérentes; et ce que nous appelons le premier plan des monta- gnes Bleues est également composé de ce grès, qui cesse entièrement au mont York. une vallée pro- fonde isole ce premier plan du second, qui est com- posé en entier de granite. La hauteur de ces deux chaines parallèles, qui courent du sud au nord, est la même. Le mont York, d'après les observations de M. Oxley (1), est élevé de trois mille deux cent quatre-vingt-douze pieds anglois , et se trouve éloi- gné de la côte par un intervalle de cent milles envi- ron. Quelques voyageurs pensent sans doute à tort que cette montagne conique, et brusquement ter- minée par une pente roide sur le Val de Clyde, est l’ossuaire d’un ancien volcan dont le périmètre a été enseveli sons le dépôt du grès marin qui revêt toute celte étendue de territoire, Onvest plus fondé à le considérer comme recouvert d’une formation ter- liaire ; ce que prouvent le gisement abondant d’un liguite stratiforme qui occupe toute partie moyenne du mont York, à mille pieds au-dessus du niveau de la mer, et les empreintes nombreuses de phyto- lithes qui se rencontrent vers son sommet, et qui paroissent pour la plupart appartenir à des feuilles d’eucalyptus ou à des fougères. Au-delà du Val de Clyde se développe la deuxième chaîne, et celle-ci se trouve être complétement primitive; car les ro- ches qui la composent sont des granites des syénites quartzifères, et des pegmatites. C’est sur le rebord de ce plan des montagnes Bleues qu’on remarque aujourd’hui les traces nombreuses de bouches vol- caniques, et que des masses basaltiques, dont les plus remarquables forment ce qu’on appelle les

() Journal of two expeditions into the interior of New-South- Wales, undertaken by order of the bristish A RE RD D Oxley;in-4o, London , 4820, r Les

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DE L'HOMME. k

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Chutes de Bathurst, s'offrent abondamment aux re- gards du voyageur. En dernière analyse un terrain tertiaire, reconnu sur le littoral de la Nouvelle- Galles comme sur divers points au sud de la Nou- velle-Hollande (1), seroit dore accolé sur le sol primitif qui compose le plateau central de cette vaste contrée. |

Les échantillons nombreux que nous avons rap- portés de la terre a@Démen indiquent encore une étendue assez considérable de sol tertiaire adossé à un terrain de pegmatite et de serpentine, l’on ob- serve des gisements assez puissants de fer fibreux natif au milieu de roches amianthoïdes. Il est à re- marquer que nous trouvâmes des empreintes de pr 0- ductus aux îles Malouines, et que les spirféres se montrent en abondance et dans un bel état de con- servation avec plusieurs autres testacés sur les l'ords de la rivière Tamar, non loin du port Dalrymple, à cent cinquante pieds au-dessus du niveau de la mer.

La Nouvelle-Zélande, séparée de la Nouvelle- Hollande par un simple canal, est héri-sée sur sa surface de volcans éteints ou même en activité, el de prismes basaltiques ; et cependant on y trouve également quelques roches primitives, et surtout un jade d’une grande beauté. Mais, malgré le rap- prochement de ces deux contrées, leur physiono- mie est toute différente ; et si on remarque quelques points d’analogie, on ne les trouve que dans le règne animal.

La Nouvelle-Irlande, avons-nous dit, semble être plus particulièrement le prolongement des ter- res d'Asie; eten effet les hautes montagnes de cette grande ile située près de l'équateur doivent être pri- mitives, tandis que les collines de sa circonférence et les écueils du rivage sont entièrement de carbo- pate de chaux madréporique (?) , qui forme des sor- tes de murailles, ou plutôt un rivage récent moulé sur un autre plus ancien. Fn remontant au nord sous la ligne, les observations que nous avons pu suivre à la Nouvelle-Guinée nous démontrent que les montagnes d’Arfak sont composées de roches primitives ; car les rivières qui en descendent cou- lent sur des galets de granite, tandis que les terres assez élevées qui forment le littoral sur plus de douze milles de largeur, ainsi que les îles de Manasouary et Masmapy, qui sont à l'entrée du havre de Doréry, sont sans exception de calcaire madréporique élevé

{") Péron ( Voyage aux terres australes, seconde édi- tion , 4 vol.in-8s, Paris, 1824) consacre plusieurs pa- ragraphes à l'explication des divers phénomèénes géolo- . giques que lui présentérent Ja terre de Diémen, les îles du détroit de Bass, et les terres d'Édels, de Wilt, et d'Endracht. {Tome IV, pag. 215 et suiv.)

(2) Fait également mentionné par M. Labillardière { Voyage à la recherche de La Pérouse, t. I, pag. 240, édition in-4° , Paris, an VIU),

| de plus de cent cinquante pieds au-dessus du niveau

actueldes eaux. D'un autre côté on sait d’une manière positive que les îles de la Sonde, les Moluques, Timor même, malgré l'opinion erronée de Péron, sont de formation primordiale; et que le calcaire saxigène ne s’offre jamais que comme une ceinture extérieure, ce dont les iles d'Amboine, d : Bourou, de Céram , offrent la preuve palpable. En franchis- sant par la pensée la largeur entière de l’océan Pa- cifique, et nous reportant sur la côte occidentale d'Amérique, on y retro ivera de vastes surfaces cou- vertes de testacés fossiles, en un mot un sol tertiaire élevé de cent cinquante à deux cents pieds au-dessus du niveau de la mer Payta, côte du Pérou); et ne doit-on pas naturellement conclure que par des causes quelconques, et que nous ne devons pas rechercher ici, le dernier niveau de l'Océan étoit à cette élévation , et baignoit alors la surface de la Nouvelle-Galles du Sud jusqu’au premier plan des montagnes Bleues ?

En examinant ensuite l’ensemble des îles océa- nienpes proprement dites, puis chacune d’elles en particulier, nous ne trouvons sans nulle exception que deux sortes de formation : l’une basaltique, et l’autre de création animale. Toutes les iles hautes de la mer du Sud présentent en effet les conditions de ce qu’on appelle terrains volcaniques, ou sont le produit palpable de volcans. Ces îles montagneu- ses, couronnées quelquefois par des pies qui se per- dent dans les nuages , sont généralement , entre les tropiques seulement, entourées d’une bande de terre que supporte un calcaire à polypiers élevé de quel- ques toises au-dessus du niveau de la mer. Mais ce rivage accessoire n’est presque jamais unique : sou- vent à quelque distance il s’y joint une ceinture d’iles basses, plates, uniformes, dues aux mêmes zoophytes , et que nous nommerons parfois Motous d’après la désignation générale de la langue océa- nienne, usitée surtout à Taïti et chez les Pomo- tous (1). Les îles de notre seconde division compren- dront, sous le nom générique de Shopelonyse, ce que les divers peuples navigateurs appellent indif- féremment trrezife, Paracels, Attoles et Attolons, ou l'orulligères, dont l'existence est due au travail lent et successif d’animalcules délicats n’élevant jamais que jusqu’à la surface des vagues, en bâtis- sant sur de hants fonds leurs demeures pierreuses : bien éloignés en cela de donner lieu au phéno- mène décrit avec pompe par un savant d’ailleurs très célèbre, d’écueils qui naiss nt sous le sillage des navires. Mais les t{-s-récifs sont de trois sortes : simples, ce sont les motous des grandes terres ; dis- posées en cercle avec une mer intérieure, ce sont les motous à luyons de plusieurs navigateurs. Enfin ces

()Insulaires des îles basses de l'archipel Dangereux,

6 HISTOIRE NATURELLE

îles présentent encore une modification plus singu- lière: west celle d'offrir de vastes plateaux à fleur d’eau recouverts de motous arrondis et verdoyants ayant un ou plusieurs lagons, et que les Anglois nomment £les-groupes (ISLANDS GROUPS).

Les motous simples nese rencontrent guère qu’au- tour des terres hautes, auxquelles ils forment des ceintures , telles qu'à Maupiti, Borabora, et dans tout l'archipel de Ja Société, Les motous à lagons appartiennent à une sorte de système d’iles qu’on remarque plus particulièrement dans deux points de la mer du Sud, au milieu des archipels Gilbert et Mulgrave d’une part, et au milieu de la mer Mauvaise d’une autre part, et dont on peut aisé- ment se faire une idée en examinant un plan des îles de Clermont-Tonnerre, de La Harpe, etc. Mais les éles-groupes semblent être particulières à l’ar- chipel étendu des Carolines. le plateau de litho- phytes prend souvent un immense développement. Il n’est parfois surmonté que par des iles basses ou motous distants et isolés, comme on le remarque dans les archipels de Kotzebue, de Ralick et Radack ; et souvent il environne des terres volcanisées hau- tes, comme on en a la preuve par l’île d'Hogoulous, crue si long-temps fabuleuse, les Palaos, Ulia, ete.

En dernière analyse les terres du sud-est de l’Asie, l'Australie, la Tasmanie, et même le chainon ter- minal de la Polynésie, de la Nouvelle-Guinée à la Nouvelle-Zélande , peut-être même l’ile Campbell, sont des terres primordiales ; et les îles de l'Océa- nie, de formation récente et postérieure dans l’his- toire du globe, sont volcaniques et madréporiques.

Mais, pour que notre idée soit complète sous ce rapport, il nous reste à envisager les causes qui peu- vent démontrer l’origine ignée d’un aussi grand nombre de terres séparées par d'immenses espaces et par la plus vaste étendue de mer connue. L’an- cienne opinion qui veut qu’elles soient les débris qui surgissent d’un continent austral brisé n’est point admissible ; et la seule raison satisfaisante qu’on puisse donner de la naissance de tant d'îles éparpil- lées comme au hasard, mais cependant assez com- munément par grands groupes, a sans contredit été émise par Forster, etgénéralisée ensuite, tropexelu- sivement peut-être, par le savant géographe Buache. Forster (Observ.) considéroit toutes ces îles comme assises sur les points culminants des chaînes sous- marines, s’irradiant sous la mer comme elles le font sur la surface de la terre. Ainsi s'explique sans dif- ficulté la naissance des îles de corail, dont la base est construite par les polypiers saxigènes sur ces émi- nences placées à peu de profondeur; et c’est de la conformation des chaînes formant les bassins sous l’eau que naît celle qu’affectent dans leurs contours les îles basses.

La surface du Grand-Océan, couverte de terrains

voleanisés anciens (!),"présente encore une quantité prodigieuse de monts ignivomes en activité, égale- ment nombreux sur les terres ou sur les continents qui lui servent de limites. La Nouvelle-Zélande (2), Tanna, les Nouvelles-Hébrides, la Nouvelle-Calé- donie , les îles Schouten, les Mariannes, les Sand- wich (), la Californie, ont encore des volcans en activité, et sur les bords il ne faut que citer ceux des Andes en Amérique, des Gallapagos, etc., ‘etc. L’océan Atlantique, sous ce rapport, présente une grande analogie avec la mer du Sud; car les îles distantes et éloignées de la côte d'Afrique sont vol- caniques, telles que Sainte-Hélène, l’Ascension, Madère, les Acores, les Canaries, les îles du Cap- Vert, Tristan d’Acunha : le même phénomène se manifeste dans les Antilles, dans la mer des Indes, par les îles Maurice et de Bourbon. Mais on remar- que encore autour de ces iles la formation madré- porique, qu’on ne retrouve point d’une manière complète dans l’océan Atlantique. Des récifs de corail enveloppent en effet l’ile Maurice, les îles Rodrigues, les Mahées, les Seychelles , etc. Plus anciennement surgies du sein des eaux, les îles vol- caniques de la mer du Sud ont été peuplées les pre- mières ; et ce n’est que long-temps après et succes- sivement que l’espèce humaine a été s'établir sur les îles basses, son existence est beaucoup plus pré- caire et entourée de privations plus nombreuses. Enfin, si la zone équatoriale offre seule le phéno- mène des formations de roches madréporiques en grand , les hautes latitudes boréales et australes en présentent encore des traces légères produites par un polypier nullipore qui encroûte les rochers bai- gnés par la mer, et qu’on retrouve également à Terre-Neuve comme aux îles Malouines. #

De ces considérations sommaires il résulte que les peuples qui doivent nous occuper habitent, des

(n Lesiles de la Société, au milieu des masses basal- tiques (basalle avec péridot) qui constituent la plupart des montagnes de leur portion centrale, ont leur os- suaire composé d’une belle dolérite. Le mont Oroena est élevé de trois mille trois cent vingt-trois mètres, d'aprés Cook; et des montagnes voisines présentent à leur sommet des lacs qui sont d'anciens cratéres. 1] en est de même à Noukahiva. (KRUSENST. )

(2) La partie nord de la Nouvelle-Zélande est entière- ment volcanique. La cascade de Kiddi-Kiddi est remar- quable par la grande nappe d'eau qui se précipite d’une colonnade basaltique très élevée. Le lac de Rotoudona, qui joue un si grand rôle dans la mythologie de ces peu- ples, est un cratère d’où jaillissent des sources d’eau chaude. Des biocs d'une belle obsidienne, des tuffa rouges, abondent sur plusieurs points.

(3) Le pic d'Owahie ou Mono-Roa, haut de deux mille deux cent cinquante quatre toises suivant M. Horner (Voyage de Krusenst.), vomit une immense coulée de lave vers 1801 , suivant M. de Chamisso. (Kotsebue’s Voy. round the world, t. IL, pag. 353.)

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DE L'HOMME. 7

terrains primitifs, des terrains ignés , et des îles madréporiques à peine élevées au-dessus du niveau des vagues. Suivons cette idée en examinant rapidement les caractères généraux de la botanique de la mer du Sud.

La végétation des terres de l’Océanie se compose de plantes entièrement indiennes ou analogues à celles de l’Inde équatoriale, c’est-à-dire aux végé- taux qui revêtent les îles de la Sonde, les Molu- ques etla Nouvelle-Guinée. Leur distribution paroît évidemment avoir été faite de la Polynésie dans l’O- céanie jusqu'aux îles les plus voisines de l’Améri-

que , à l'ile de Pâques par exemple, de l'occident

vers lorient, contre le cours habituel et des vents réguliers et des courants. Le règne végétal, si pom- peux , si imposant dans lesiles de la Polynésie, di- minue successivement de sa richesse en avançant Mn" ; et cette vérité a été démontrée complé- te par les deux Forster et par M. de Chamisso; car on ne peut rien conclure de quelques plantes américaines ( qui datent même pour la plupart de l’arrivée des Européens ) perdues dans la masse de celles indo-polynésiennes, qui composent unique- ment la végétation de l’Océanie; pas plus que de ce qu’on rencontre dans la Nouvelle - Hollande des espèces européennes, ou qui n’en diffèrent point au premier examen (!). Il resteroit à examiner l'ile de Juan-Fernandez ; mais nous n’avons que pen de données sur sa végétation, et il n’y auroit rien de surprenant que cet ancien volcan ne partageât la flore du continent dont il est très rapproché. Il y a des plantes qui semblent faire le tour du globe sous les zones qui leur conviennent ; et on peut citer en ce genre le portucala , que nous rencontrâmes sur toutes les terres que nous avons visitées entre les deux tropiques, dans le Grand-Océan comme dans l’Atlantique (?).

La végétation indo-polynésienne se montre dans toute sa splendeur sous la ligne équinoxiale : d’abord imposante sur les îles de la Sonde, elle s’étend pro- gressivement sur les nombreuses possessions ma-

-laises et tidoriennes, et étale toute sa pompe et tout son luxe sur les Moluques orientales et sur la terre des Papous. C’est que des palmiers nombreux, des cycas, des fougères, prennent la formegracieuse et svelte de colonnes légères : leurs forêts immenses se composent d'arbres de grande taille, tels que les gatip (inocarpus edulis ), les arbres à pain, les muscadiers , les spondias; c’est dans leurs profon- deurs qu’on retrouve la patrie des plantes nourri-

() Le Val de Clyde, dans les montagnes Bleues , est revêtu de plantes des genres typha, lythrum, plan- tago , samolus , etc., qui nous parurent en tout res- sembler aux espèces des marécages d'Europe.

(2) Consultez Humboldt , Géographie des plantes, in-8° , 4817.

cières des Océaniens, de longues lianes arborescen- tes, des légumineuses, dont les formes sont innom- brables et variées. En suivant la masse de ces végé- taux, nous la voyons diminuer successivement à mesure qu’on avance vers le détroit de Torrès : quelques espèces le traversent seulement’, et sont d'autant plus remarquables qu’elles appartiennent à des genres qui n’en renferment point un grand nombre: telles sont l’arec à chou, l’érythrine indien, le sagoutier, deux muscadiers sauvages, la flagellaria indica, etc. (1). En continuant d’exami- ner les plantes suivant la latitude des îles qui for- ment la chaine avancée au sud de la Polynésie, tel- les que la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Bretagne, nous y retrouverons le même luxe; et les aréquiers, les sagoutiers, les grandes fougères, les drymirrhi- zées, peuplent encore les forêts. C’est ainsi que nous observâmes à l’entour du port Praslin les vaquois, les barringtonia , les calophyllum , les filao (casua- rina indica ), propres à toute l'Océanie; mais, à mesure qu’on s'élève en latitude en allant vers le sud, aux Hébrides, à la Nouvelle-Calédonie, le nombre de ces mêmes végétaux décroît naturelle: ment. Plus au sud encore la zone tempérée australe change complétement la physionomie des végétaux ; et l’île de Norfolk a de commun avec la partie nord de la Nouvelle-Galles du sud l’araucaria, qu’on voit encore au havre de Balade, et avecla Nouvelle- Zélande le phormium tenax : mais il est à remar- quer que cette île, vaste et composée de deux terres séparées par un détroit, quoique rapprochée de la Nouvelle-Hollande et par la même latitude, en diffère si complétement qu’elles ne se ressemblent nullement dans leurs productions végétales. Toutefois la Nouvelle-Zélande, si riche en genres particuliers à son sol et peu connus, en a cependant d’indiens, tels que des piper, des olea, et une fougère réni - forme qui existe, à ce qu’on assure , à l’ile Maurice. À l’époque de notre séjour à la baie des îles de la Nouvelle-Zélande la végétation se ressentoitdes ap- proches de la saison hyémale.

[= Pour peu qu’on ait voulu suivre les idées que nous

» venons d'émettre, on sera convaincu que les terres hautes du sud-est de la Polynésie, entre les tropi- ques, partagent les mêmes végétaux alimentaires que les îles des Indes orientales. Ils se sont répan- dus diversement par suite sur les terres les plus

() Observations de M. Cunningham faites dans le voyage autour de la Nouvelle-Hollande, exécuté par le capitaine King (manusce. ). Le journal de King, avec des recherches intéressantes d'histoire naturelle, vient d'être publié sous ce titre : Narrative of a Survey of the Intertropical and Western Coats of Australia ; performed between the years 1818 and 1822. By captain Philip P. King, with an Appendix containing various subjects relating to Hydrography and natural History. 2 vol., Lond, , 1826.

5 HISTOIRE NATURELLE

lointaines, et ne se sont arrêtés que près des côtes | leurs rejets à l'embouchure des rivières, au milieu

d'Amérique. Comment, par exemple, les végétaux si communs sur la Polynésie se retrouvent-ils sur les îles Sandwich et sur les îles des Marquises de Mendoce, qui en sont séparées par un intervalle immense? Il seroit fort diflicile de résoudre une telle questien, parce que des vents et des courants qui se dirigent dans un sens contraire ne permet- tent point de leur attribuer aucune influence pour l'établissement dela végétation sur des points comme égarés sur la surface du Grand-Océan.

Toutes les îles océaniennes hautes, à peu d’ex- ceptions près, sont plantées de fruits à pain sans noyaux, de taro (arum esculeitum), de cannes à su- cre, de bananiers, qui y viennent presque sponta- nément pour contribuer à la vie paisible et heu- reuse de ces insulaires. On retrouve à Taïli l’hiviseus rosa sinensis, si abondant sur toutes les Moluques; les pandunus , le gard'nia florida, les cyuthées, le cratæva, des ficus, le bambou, ÿ reproduisent leurs tribus. Et «c’est dans celte ile, dit M. d’'Urville » (Distiib. des fougères, Ann. sc. nul., Sepl. 5825), » que commence à paroitre une foule de fougères » qui semblent habiter cette zone, à partir de cet » archipel, et même des Marquises, jusqu'aux Mo- » luques, et plusieurs jusqu'à lile de France; tels » sont les iycupouium phicgmaria, sehizea cris- » tuta, elc#netc. » Ainsi les iles équatoriales par- tasent les productions végétales de source indienne, avec des différences cependant daus leur répartition ; car, suivant M. de Chamisso (tome IE du Pryeg de Kotzebue ), le barringtonia et le filao, si communs à Taïti et à Borabora, ne se trouvent point aux Sandwich , tandis que ces dernières ont le bois de sandal , dont les îles de la Société paroissent pri- vées, et qui est si commun aux Marquises, aux Fidjis, etc., etc.

Il est plus aisé de se rendre compte de la manière dont la végétation a envahi jes iles basses de corail. La fi e ces motous ne se compose point d’un grand nombre d'espèces , et nous avons eu souvent

l'occasion de la suivre dans les diverses phases de”

ses progrès. La manière dout s'opère cet intéressant phénomène répond assez exactement aux descrip- tions, un peu poéliques sans doute, mais vraies dans leur ensemble, des migrations vésrtales, esquissées avec celle pureté et ce chérme de style qui appar- tiennent et à Bernardin de Saint-Pierre ct à M de Chateaubriand. Sous le rapport de l'exactitude des faits, les détails fournis primitivemenut par Forster, puis par M. de Chamisso, laissent sans doute peu de chose à désirer.

Quelques végétaux semblent avoir pour fonctions d'envahir les récifs de coraux à mesure qu'ils se dessèc:ent. Les bruguiera, par exemple, qui se plai- sent dans l’eau salée, étendent peu à peu le lacis de

| des vases qu’ils accumulent sans cesse. Bientôt un

humus suffit pour recevoir quelques autres plantes ; et les sables des rivages, même purs, sont bientôt occupés par le scœvola lobelia , le convoloulus pes

| capre&, le pandanus odorant, l’hibiscus tiliaceus, etc.

Si le banc de corail est isolé et distant de quelque île principale, les flots sans cesse agités x bientôt des coc:s, des fruits du bonnet carré de PFougainville (barringtonia), qu’on rencontre en

mer presque journellement. Ces fruits, arrêtés par l’écueil, jetés sur le sable calcaire des madrépores, germent, s’y cramponnent, et sont ainsi & pre- miers colons de la nouvelle terre. Mais c’est prin- cipalement au précieux cocotier qu’il est réservé de conquérir sur la mer, pour l'habitation de l’homme, ces bandes }lates d’écueils jetés au milieu des va- gues, à quelques toises au-dessus de leur niveau. Autant ce palmier redoute les hauteurs, an. guit, autant il s’élance avec vigueur sur les récifs. El y forme d’épaisses forêts, dont on ne peut se faire une idée par la description, et dont rien n’égale la grâce et la beauté. Le navigateur passeroit fréquem- ment dans le voisinage de ces iles sans en avoir la . moindre connoissance , si un bouquet de cocotier à l’horizon ne les lui déceloit. Ce roi des palmiers , comme le nomment quelques Orientaux, une fois établi eLen rapport, la race humaine ne tarde point à y paroitre, et peut compter sur ses produits pour assurcr son existence. On conçoit que les peuples qui émigrent des terres riches en fruits et en ra- cines de toute sorte sont exposés sur les îles basses à de nombreuses privations. L'eau douce leur man- que souvent; souvent aussi ils sont réduits à vivre de vaquois, de taro, ou de ce que la pêche leur fournit. On peut assurer que chez ces hommes la défiance est beaucoup plus grande, et que ieurs mœurs sont beaucoup plus farouches que celles des autres insulaires. Comme leur subsistance n’est point assurée, ils craignent toujours qu’on ne vienne leur en soustraire une partie. D'un autre côté, ce- » pendant, l’industrie ct le besain luttent contre les manque de ressources, et ont forcé ces peuples à s’adonner à la navigation et à devenir habiles dans cet art. L'objet le plus indispensable d’un insulaire est sans doute une pirogue; et cependant il arrive souvent qu'une île de cette sorte ne produit point de bois d'assez forte dimension pour la réparer ou en fournir la mâture. C’est ainsi que nous en eûmes des exemples en longeant le grand archipel des Ca- rolines et lesiles Mulgrave et Gilbert. Leurs frêles embarcations présentoient parfois des pièces mal ajustées, faites de plusieurs morceaux d’hbiscus tiliaceus , le seul bois dense qui puisse croitre sur ces terres. La Polynésie proprement dite s’arrête au nord-

DE I'HOMME.

est par une bande d’archipels composés des îles de Formose, Luçon et Mindanao, dans les Philippines. Mais on remarque que les chaînes d’iles placées dans le tropique du Cancer et dans l'hémisphère nord, jus- qu’au-delà du cent soixantième degré de longitude, telles que les Mariannes, les Palaos, Hougoulous et Oualan , ont reçu de ces contrées, probablement

avec la race humaine , les orangers, les citron- niers et les bruguiera, qu’on ne retrouve point dans le reste des îles de l'Océanie du tropique du Capri- corne. La variété sans semences de l'arbre à pain est la seule qu’on observe aux Sandwich, aux Tonga, aux Marquises, comme aux iles.de Ja Société. Mais la variété à châtaignes, si commune dans les Molu- ques et à Célèbes, se retrouve, en nombre égal à la première espèce, aux Palaos et à Oualan par exem- ple, et est la seule qui assure l’existence des Carolins des îles basses. Ces naturels en effet paroissent être réduits fréquemment à se nourrir des fruits demi- ligneux du paudanus.

Sur toutes les îles du Grand-Océan nous trou- Vâmes les mêmes productions végétales, et le plus souvent les mêmes noms pour les désigner. C’est ainsi que les vallons si pittoresques, mais à la lon- gue si monotones, des Sandwich, et de la reine de la mer du Sud, Taïti, si éloignés, produisent abon- damment le taro (arum esculentum), l'igname (dios- coreu), la pomme de Cythère (spondias dulcis), etc. Les Taïtiens mangeoient, dans les temps de disette, la moelle d’une fougère en arbre, comme les Nègres le pratiquent à Maurice et à Madagascar pour le cambare marron ; et tous les deux appartiennent au genre cyatheu. Le pya est la racine du tacea pin- nulifidu, qui croit dans toutes les Moluques, à la Terre des Papous, et à la Nouvelie-Irlande. La noix d’ahi (inocarpus edulis) se rencontre depuis les iles de la Sonde, les Hollandois nomment Parbre gatip Looi, jusqu'aux iles les plus orientales de la

du Sud. Il en est de même du terminalia, du morind citrifolia, du curcuma, et d’une foule d’au- tres Végétaux dont il seroit assez fastidieux de pré- enter ici la liste. Placées hors du tropique, les vastes iles de la Nouvelle-Zélande, dont l’intérieur est encore à con- oitre, ’ont pu fournir à la race qui les habite les mêmes ressources , et la nécessité la contraignit de se plier à la pauvreté du sol sur lequel elle devoit vivre, et de tirer sa principale ressource alimentaire de la racine sèche et ligneuse de la fougère (acros- tichum furcatum, Forster), qui couvre le pays : mais ce qui rend cette fougère très digne d'atten- tion, c'est que les peuples noirs de la Nouvelle- Galles du Sud s’en nourrissent habituellement, et la mment dingoua. a + pile de Pâques , également hors. deftt mites du tropique du Capricorne , ne présenté qu'un nombre LE

curieux et remarquables :

?

très restreint de végétaux ; ceux qu'on rencontre sur cette terre brûlée appartiennent encore cepen- dant aux plantes indiennes : tels sont entre autres l’hibiseus popuneus, des mimosu . Un soianum que Forster fils indique aussi à Taïti, ete., ete.

La zoologie des îles Malaisiermes, aussi riche que variée par les nombreuses espèces qui leur sont propres, semble attester que cette portion centrale de Asie orientale a fait partie d’un continent, puis- que ces iles sont peuplées de grands quadrupèdes vivants qui sont communs à plusieurs d’entre elles. D'ailleurs les canaux qui les séparent sont peu pro- fonds , et ils sont encombrés de bancs qui sembient complétement légitimer cette idée. Mais toutefois chaque île de ces grandes terres équatoriales de l'archipel des Indes recèle quelques espèces qui y seroient aujourd’hui isolées, et plusieurs ont fourni la singularité de reproduire des individus de genres qu'on avoit jusqu’à ce jour regardés comme essen- tiellement propres au Nouveau Monde : tels sont, dans deux branches différentes, un tapir, des cou- roucous , et le rupicole vert. Tout ce que nous sa- vons de l’histoire naturelle de ces contrées fécondes est d’un haut intérêt ; et malgré les recherches in- fatigables de sir Stamford Raflles, d’'Horsfield, de Diard, de Duvaucel, de Leschenault, de Kuhl, de Van-Hasselt, et de Reinwardt, elles fourniront long-temps encore d’abondantes moissons en objets mais leur climat a déjà dévoré plusieurs naturalistes européens et la barba- rie profonde des habitants de l’intérieur opposera long-temps une barrière insurmontable aux tenta- tives de ceux qui voudroient essayer de nous en faire connoitre les merveilleuses productions. C’est dans les mers de ces archipels que se trouve aujour- d’hui le dugong (hulicore indicus, DESM. Mumm., 151 esp.), qu’on a cru si long-temps fabuleux, fi- guré par Renard(t), mais complétement décrit par les naturalistes modernes, notamment par M. F.Cu- vier, et dont on trouve un bon dessin pour le temps (1708) e' une description assez complète dans le Voyrge de François Leguat, qui n’est cité que dans Sonnini (Buff.. t. XX XIV, p. 185) et d’une ma- nière très fautive. Sumatra et Bornéo paroissent renfermer quelques espèces de quadrupèdes identi- ques , tels que l'éléphant des Indes ( Ele, has indi- cus, Cuv.) et les orangs. Les rhinocéros découverts par MM. Diard et Duvaucel(Rhinoce:i os javanicus, G. Cuv.; et Rhinoceros sumatrensis, GUVY. ) appar- tiennent plus spécialement à cette belle ile de Su- matra qui nourrit un très grand nombre de singes, divers nammifères très intéressants, et notamment des semnopithèques, la viverra musanqua et le tu-

(‘) Renard, pl. 34, fig. 180. (Poissons des Indes,

14 vol. in-fol , Amsterd., 1754.) Ë 2

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paia tana de Raffles, enfin le tapir de l’Inde (Ta- pirus indicus , F. Cuv.) qu’on à découvert et dans cette île et sur la presqu’ile de Malak. La grande île de Bornéo, cet espace blanc sur la carte du monde , comme l’a dit judicieusement sir Rafiles, recèle sans doute beaucoup d'animaux inconnus ; mais ceux qu’on y indique plus particulièrement , tel que l’orang-outang et le pongo , existent aussi, à ce qu’on assure, et dans la Cochinchine et sur la presqu’ile de Malaca. Java , si particulièrement ex- plorée dans ces derniers temps, a fourni à nos species un assez notable accroissement. On y trouve

HISTOIRE NATURELLE

rattache à celle de l’homme, qu’ils ont suivi. On remarque que ces deux animaux utiles ont été ren- contrés dès la découverte des archipels des Sand- wich , des Marquises, des Amis, de la Société, des Fidjis, de Rotouma, et sans doute des îles des Na- vigateurs. La Nouvelle-Zélande n’avoit seulement que le chien , du moins d’après le dire du capitaine Cook , qui assure que le cochon n’y existoit pas, et qui y déposa des femelles pleines, tandis qu’aujour- d’hui il y est commun. Ces deux mammifères se rencontrent également dans les îles avancées de la Polynésie , jusqu’à la Nouvellé-Calédonie, le

surtout la panthère noire (1), les tupria javanica et ; chien est la même, espèce à oreilles droites qu’on

ferruginea de Horsfeld, la mustelx nudipes de F. Cuvier, la mydaus meliceps de F. Cuvier, un nycticèbe , et autres espèces remarquables. Si Ma- dagasear n’a aucun individu de la famille des sin- ges, elle possède en revanche les makis; et les Moluques ont en propre les cuscus ou phalangers à queue prenante, et les galéopithèques , dont une espèce s’est propagée à l’est jusqu'aux Carolines oc- cidentales, c’est-à-dire aux Pelew ou Palaos. Ce n’est guère que sur l'ile de Bourou que vit de nos jours le cochon-cerf {sus babyrussa), animal rare qui manque à nos musées. Les phalangers à queue nue appartiennent presque exclusivement aux Mo- luques orientales, et surtout à la Terre des Papous, jusqu’à la Nouvelle-Irlande. En s’avançant vers le sud-est le nombre des mammifères diminue. Déjà à la Nouvelle-Guinée on ne trouve plus que le cochon nommé par nous sus papuensis , le pélandoc (?) , et le couscous tacheté. La roussette kéraudren, voi- sine du pteropus edulis, paroît s'étendre depuis les Philippines, sur les Mariannes, jusqu’à Oualan, nous l’observâämes en abondance par cent soixante

$ degrés de longitude orientale : mais cette espèceul

trouve au Port-Praslin, à la Nouvelle-Bretagne, et qui suit les misérables tribus de la Nouvelle- Galles du Sud. Mais cet animal paroît avoir été in- connu des Carolins et des Mariannais jusqu’au temps de leurs relations suivies avec les navigateurs. Wil- son dit qu’il étoit ignoré des habitants des Pelew (1) ; et nous pouvons assurer que les naturels de l'ile d’Oualan , très probablement jamais Européen n’avoit mis les pieds avant nous, n’avoient pas la moindre idée du cochon et du chien, qui leur in- spiroientune grande frayeur, et qui attiroient vive- ment leur attention. M. de Chamisso a